MOGADISCIO (AFP) - Au moins neuf civils ont
été tués jeudi à Mogadiscio, dont huit par
l'explosion d'un obus à un arrêt d'autobus,
lors de nouveaux échanges de tirs meurtriers
entre insurgés et soldats éthiopiens qui se
font face depuis début avril dans la
capitale somalienne.
En fin de journée, une voiture a explosé
à l'intérieur d'un camp de l'armée
éthiopienne, dans la banlieue sud de
Mogadiscio, selon des témoins. "Une voiture
a explosé à l'intérieur (...) du camp
Aslubta", à 7 km de la ville, a déclaré à
l'AFP Sheikh Hassan, un résidant.
Aucun bilan de cette explosion ni sa
cause n'étaient disponibles jeudi soir.
Aussitôt après l'explosion, "la route menant
au camp a été bloquée par les Ethiopiens", a
expliqué un autre habitant, Ali Abdalla
Mohamed, qui a confirmé à l'AFP cette
explosion.
Jeudi soir, des tirs sporadiques étaient
encore entendus dans la capitale somalienne.
Des tirs de mortiers et de pièces
d'artillerie avaient éclaté dans l'après-midi
dans la ville, comme à plusieurs reprises
depuis les combats meurtriers ayant opposé
du 29 mars au 1er avril les insurgés à
l'armée éthiopienne, qui soutient le
gouvernement somalien.
"J'ai entendu une forte explosion et puis
on ne voyait plus rien à cause de la fumée
noire. Après j'ai compté huit cadavres", a
raconté à l'AFP Hussein Mohamed Abdi, qui se
trouvait à l'arrêt d'autobus où a explosé un
obus dans le quartier d'Arafat, dans le sud
de la ville.
"Les gens essayaient d'éviter la violence
et se rendaient vers les quartiers nord (relativement
épargnés) jusqu'au moment où l'artillerie
les a taillés en pièces", avait ajouté
Mohamed Sheikh Sudi, un chauffeur de taxi.
A Fagah, quartier du nord de la ville, au
moins une personne a été tuée par
l'explosion d'un obus de mortier, selon des
habitants.
Selon des témoins, au moins 12 personnes
ont été blessées.
Un camion militaire éthiopien a également
été touché par une mine, dans les environs
de Lasole, à 18 km au sud de Mogadiscio,
selon des témoins.
"Un convoi de 20 camions militaires
éthiopiens se dirigeait vers Mogadiscio
quand l'un d'eux a été touché par une mine.
On ne sait pas s'il y a des victimes car ils
ont bouclé la zone tout de suite", a déclaré
Abdullahi Nur Mohamed, selon qui deux
passagers d'un minibus ont été blessés.Mardi
soir, sept personnes avaient été tuées dans
la ville lors d'échanges de tirs d'armes
lourdes.
Du 29 mars au 1er avril, de violents
combats ont opposé à Mogadiscio l'armée
éthiopienne et les insurgés dans les rangs
desquels se trouvent des miliciens
islamistes.Selon le CICR, ces combats ont
été les pires qu'ait connu la capitale
depuis quinze ans. Ils auraient fait 1.086
morts, selon les chefs traditionnels du
puissant clan Hawiye.
La perspective d'une reprise de combats à
grande échelle terrorise la population.
Depuis février, 208.000 habitants de
Mogadiscio, sur une population totale d'un
million de personnes, ont fui la ville,
selon selon l'ONU.
Mercredi, les chefs traditionnels Hawiye
ont accusé l'armée éthiopienne d'avoir violé
une trêve et d'avoir attaqué les insurgés.
Mogadiscio est secouée par des violences
régulières depuis la chute, il y a trois
mois et demi, des tribunaux islamiques.
L'armée éthiopienne était intervenue en
Somalie, officiellement fin décembre 2006,
pour défaire ces tribunaux islamiques, qui
avaient appelé à la guerre sainte contre le
régime d'Addis Abeba