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DJIBOUTI (ADI) – 01 Juillet 2007- Le président soudanais Omar el-Béchir a mis en garde l'Occident contre un scénario à l'irakienne au Soudan, à propos du Darfour, disant que toute intervention étrangère sera combattue farouchement.
"Nous n'accepterons jamais un programme +pétrole contre nourriture+, quitte à garder notre brut dans les tréfonds de la terre", a affirmé M. Béchir dans une conférence de presse à Khartoum dans la nuit de samedi à dimanche.
Il évoquait ainsi certains appels d'ONG à appliquer au Soudan un programme pour financer les opérations humanitaires au Darfour semblable à celui qui avait été imposé au régime de l'ancien président irakien Saddam Hussein après l'invasion du Koweït en 1990 et l'embargo international contre son pays.
"Nous lutterons contre toute tentative d'imposer des forces internationales ou occidentales" au Darfour, a martelé le président soudanais, en expliquant que l'opération hybride entre l'ONU et l'Union africaine (UA), acceptée par son pays, ne pouvait être considérée comme une intervention étrangère, étant donné qu'elle sera à prédominance africaine.
"Si l'Occident intervient, nous aurons droit à la résistance", a-t-il dit.
Ces déclarations témoignent de la crainte de Khartoum de voir les pressions occidentales se transformer en sanctions comparables à celles qui avaient été appliquées à l'Irak et aboutir à une intervention militaire.
M. Béchir s'est interrogé, dans ce contexte, sur le sens des sanctions unilatérales américaines en affirmant qu'elles touchent en premier les civils, notamment au Darfour, en les privant de développement, et certains secteurs économiques, comme le transport ferroviaire.
"Est-ce que ces sanctions vont aider les déplacés du Darfour à quitter les camps et à avoir des moyens de subsistance ?", a demandé M. Béchir en estimant que leur "objectif réel est d'accentuer la pression sur le Soudan".
Pour justifier sa position, le président soudanais s'est attardé sur "les conséquences désastreuses" pour l'Irak de l'intervention américaine et affirmé son refus de toute modification de l'accord sur l'opération hybride au Darfour dans le sens d'une intervention occidentale.
Un projet de résolution est en préparation à l'ONU pour permettre le financement de l'opération hybride qui consistera à remplacer au Darfour la force africaine de 7.000 hommes sous-équipés et jugés inefficaces par une force de plus de 20.000 hommes, dotés de moyens plus conséquents.
Cette force est jugée nécessaire pour stabiliser le Darfour, dans l'ouest du Soudan, où depuis le début de la guerre en 2003, quelque 200.000 personnes sont mortes et le nombre de déplacés a dépassé les 2 millions, selon des estimations d'organisations internationales, contestées par Khartoum.
D'ailleurs, M. Béchir, qui soutient que seuls 9.000 personnes sont mortes au Darfour, a affirmé que la situation sécuritaire s'y est beaucoup améliorée récemment à la suite notamment de la décrispation des relations entre son pays et le Tchad voisin.
Les deux pays ont signé le 3 mai en Arabie saoudite un accord pour sécuriser leurs frontières communes et empêcher les infiltrations de rebelles de part et d'autre mais une visite annoncée à Khartoum du président tchadien Idriss Deby se fait toujours attendre.
M. Béchir a assuré qu'elle aurait lieu prochainement pour sceller l'entente entre les deux pays et expliqué son report par des contraintes de calendrier.
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